De Osh à Irkeshtam


de Osh a irkeshtam



- De retour dans les montagnes -

19 au 23 septembre 2016 Kirghizistan 875 km

Après quelques jours passés à Osh pour recharger les batteries (toutes les batteries), nous reprenons la route vers la frontière Chinoise.


Dure reprise

Pour ces derniers jours au Kirghizistan, nous mettons le cap au sud est, vers les hauts sommets Himalayens. Au programme, notamment un col (le Taldik Ashuu) à 3600 m alors que Osh culmine à 900 m… Les prochains jours s'annoncent corsés!

La traversée de Osh est un vrai cauchemar mais nous nous retrouvons finalement assez vite en dehors des grands axes où il est beaucoup plus agréable de rouler.

Nous sommes rapidement rattrapés par Pauline et Germain, deux français croisés à Osh. Le rythme est plus soutenu qu’à notre habitude et nous avalons les km sur ce faux plat montant, tout en gagnant de l’altitude sans (presque) s’en rendre compte… Je dis bien presque parce que les cuisses commencent tout de même à sacrément chauffer. C’est qu’ils sont en forme ces savoyards!  C’est bien la première fois que notre compteur affiche plus de 40 km et 700 m de dénivelé à la pause de midi… N’étant pas sûrs de nos capacités (enfin surtout de celles d’Élise), on les laisse nous distancer en se disant qu’on se retrouvera peut être pour camper après le premier col, 700 m plus haut, ou peut être pas...

Sur la route avec Germain et Pauline
Sur la route avec Germain et Pauline

La montée continue progressivement sur cette route peu intéressante. Mais la motivation est au top! Et puis, c’est pas tous les jours qu’on a le vent dans le dos alors autant en profiter! C'est les cuisses bien douloureuses mais remplis de fierté et de satisfaction que nous retrouvons Pauline et Germain au col, après leur petite sieste. Et Nico qui pensait que le Kirghizistan serait peut être un peu costaud pour entamer le voyage, mais c’est qu’elle en a de la ressource, Élise!

A l'approche du col, les roulottes de l'ere sovietique remplacent les yourtes
A l'approche du col, les roulottes de l'ere sovietique remplacent les yourtes

La montagne, ca vous gagne

Après un camping en bord de rivière, Pauline et Germain continuent leur route vers la frontière Tadjike alors que nous nous remettons en selle à notre rythme, disons, plus raisonnable.

La monotonie de la veille a laissé place à une route plus vallonnee. Les paysages sont de plus en plus beaux et variés à mesure que l’on prend de la hauteur: montagnes ocres, canyons sculptés par l’eau, prairies verdoyantes où paissent des troupeaux de chevaux…

On gagne de l'altitude!
On gagne de l'altitude!

On croise également de nombreux petits villages, où les enfants courrent systématiquement à notre rencontre pour nous taper dans la main, nous donner une pomme ou demander qu’on les prennent en photos. Il y a beaucoup de vie, et pendant que les enfants s’amusent, les adultes s'affairent dans les champs ou sur un mouton pour préparer le repas du midi!

On fait la course?
On fait la course?

Nous continuons à remonter cette très belle vallée sur un faux plat montant mais toujours avec ce fort vent de dos qui nous permet d’avancer beaucoup plus vite que prévu: 170 km et 2700 m de dénivelé en deux jours!

Nous décidons de camper au bord de la rivière juste après le village de Kizil Alay, et quelques km avant l’ascension finale vers le col Taldik Ashuu. Alors que Nico commence à installer le campement,  Élise part chercher de l'eau dans l’espoir d’une bonne douche. Elle reviendra finalement bredouille: on s’est installé au seul endroit de la vallée où la rivière est asséchée… c’est quand même rageant! Surtout que nos réserves d’eau sont presque vides. Heureusement nous trouverons un peu d’eau au village d’à côté pour faire cuire les noddles.

Camping au bord d'une riviere... assechee... dommage!
Camping au bord d'une riviere... assechee... dommage!

La dernière partie du col sera un peu plus raide : 500 m de dénivelé en à peine 5 km! Mais les derniers jours nous ont donnés confiance et on en arrivera à bout sans trop de problème. Après ces 3 jours de grimpette, c’est vraiment agréable de côtoyer les sommets. Même la petite averse de neige ne calme pas notre enthousiasme et notre joie d’être au col. Maintenant, à nous la descente vers sary tash!

Nous arriverons finalement à Sary Tash en milieu d’après midi, deux jours plus tôt que prévu. De par sa position strategique, cette petite bourgade est un lieu de rencontre des voyageurs en route vers le Tadjikistan, la Chine et le Kirghizistan. On fait rapidement le tour de ce petit village sans charme et nous nous installons dans une guest house où nous rencontrons Benoît et Alice, deux cyclo qui prévoient de rejoindre la Chine le lendemain. Nous décidons donc de faire la route ensemble jusqu'à Kashgar et de partir dès le lendemain pour passer la frontière avant le week-end.

Sary Tash apres la pluie
Sary Tash apres la pluie

Le spectacle des Pamirs

Par beau temps, Sary Tash offre une vue exceptionnelle sur la chaîne des Pamirs et le pic Lénine qui culmine à plus de 7134 m. Au réveil, alors que le sol est givré, les nuages et la pluie de la veille ont laissé la place à un magnifique ciel bleu. La route pour rejoindre la frontière longe la chaîne des Pamirs qui est toute dégagée, on est vraiment chanceux. Pendant les premiers km, les pauses photos se multiplient, on a tous envie de profiter au maximum de ce moment unique. A midi, quand nos cartes mémoires sont pleines de photos et de films, on essaie de se raisonner… ok c'est beau, mais il va falloir les trier ces photos!

La route entre Sary Tash et la frontière Chinoise a été refaite par les Chinois en 2013 pour faciliter les exportations vers l’asie centrale. Dans cette large vallée à plus de 3000 m, nous croiseront quelques bergers mais surtout des camions remplis de produits chinois. Le gros avantage pour nous, c’est que cette route est parfaitement asphaltée.

Devant la chaine des Pamirs
Devant la chaine des Pamirs

Sur les conseils de cyclos croisés en route, nous tentons de nous épargner quelques centaines de mètres de dénivelé pour le dernier col en empruntant l’ancienne piste... grave erreur! Non seulement la route ne fait que monter-descendre (nous ne gagnons au final pas grand chose) mais la piste nous éloigne de ce spectacle magnifique que sont les geants enneigés. Moralité : ne jamais suivre les conseils de quelqu’un qui n’à pas emprunté une route mais qui pense que l’herbe est plus verte dans le jardin d’à côté. L’avantage c’est que nous avons pu goûter une dernière fois aux pistes Kirghizes… C’est définitivement plus confortable sur la route!

On pensait en avoir fini avec la piste!
On pensait en avoir fini avec la piste!

Le spot de camping du soir permettra de finir cette journée et notre séjour au kirghizistan en beauté : un petit coin de prairie avec en fond les 6000 m du Tadjikistan enneigés.

Derniere nuit au Kirghizistan sous un magnifique ciel etoile
Derniere nuit au Kirghizistan sous un magnifique ciel etoile

Le lendemain on passe la frontière chinoise! Byebye kirghizistan et welcome to China!!

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