De Pailin à Bangkok


De Pailin à Bangkok



- Sea, sun and sand in Thailand   -

Du 18 au 26 janvier 2017 Thailande 5870 km

Depuis le Cambodge, cap au sud pour rejoindre la cote, puis à l'ouest, vers Bangkok. On en profite pour faire un petit détour par l'ile de Ko  Chang, où nous nous arrêtons quelques jours.


Changement de décor

Nous vous avions laissé à Pailin, au Cambodge, aux portes de la Thaïlande. Après seulement quelques kilomètres et l’un des passages de frontière les plus rapide du voyage, nous voilà sur les routes de l’avant dernier pays de notre périple. Il faut bien avouer, on sent la fin de plus en plus proche et ça nous fait un petit quelque chose. Mais on ne se laisse pas abattre pour autant et on attaque cette nouvelle étape revigorés et bien décidés à en profiter à fond!

 

Première surprise, ici, on roule à gauche… les habitudes profondément ancrées ont du mal à être bousculées et on se surprend encore au bout de quelques jours à vouloir regarder à gauche, dans le rétro qui est maintenant à droite, ou à devoir se reprendre mutuellement parce qu’on roule à contresens (imaginez nous dans Bangkok!). 

 

Pas besoin de faire des km pour se rendre compte que la Thaïlande est beaucoup plus riche que les copains d’Asie du sud est : 2x2 voies, asphalte parfait, 2 roues moins nombreux et quantité de voitures personnelles en forte hausse. On se croirait presque aux États Unis avec tous ces gros pick up! Pour éviter au maximum tout ce traffic, on cherche à s’écarter des grands axes et emprunter les petites routes de campagne dégotées sur la carte. Le genre de route qui au Cambodge serait en fait un chemin où il faut pousser le vélo, ici, on se croirait presque sur une nationale française. Même les bas côté sont entretenus et parfois fleuris!

Pas de doute, on n'est plus au Cambodge!
Pas de doute, on n'est plus au Cambodge!

Autre signe qui ne trompe pas : les thaï sont nettement moins sveltes (pour ne pas dire obèses) que leurs voisins. On retrouve une nourriture abondante, variée et incroyablement bon marché. Sans parler des “convenient store” (ah les 7eleven… une révolution!) où on trouve de tout, à tous les coins de rue. On a même fait nos courses dans un “vrai” supermarché avec parking et caddies, comme on n’en avait pas vu depuis des mois… on a fait tous les rayons juste pour le plaisir!

Même si ça rend le voyage moins dépaysant, on ne crache pas sur un peu de confort, ça fait même plaisir de retrouver une certaine “facilité”.

 

La culture thaï présente beaucoup de similitudes avec la culture Lao : les langues se ressemblent (du moins les quelques mots que l’on apprend), du coup, on retrouve vite nos marques; la nourriture aussi est assez ressemblante : on se régale de salades de papaye, de pad thaï, de soupes de curry, de laab, de fruits frais et de fruit shakes… mais attention aux palais sensibles, tout est très (très) épicé. Gare à vous si vous oubliez de demander “mai phet”. Même après une semaine, Élise qui a pris des coups de soleil sur les lèvres (si si, c’est possible), se fait encore avoir.

Curry massaman pour Nico et soupe de ravioli pour Elise. Notre voisin nous vante son porc aux legumes
Curry massaman pour Nico et soupe de ravioli pour Elise. Notre voisin nous vante son porc aux legumes

La cote Thailandaise : Ko Chang et la scenic road

Nous entrons en Thaïlande avec une seul idée en tête : cap au sud pour rejoindre la côte! Non seulement avec ces températures, nous apprécions notre bain journalier, mais en plus, nous avons prévu de plonger dans ces eaux chaudes et turquoises.

 

Après deux jours vallonnés, au milieu des champs d’ananas et des plantation d’hévéas, et un camping 3* sur les rives du lac Khuan Khereethan, nous arrivons sur l’île de Ko Chang en fin de journée.

 

D'après maps.me (notre nouveau petit jouet qui nous permet d'avoir la carte détaillée des pays sans Internet), il nous reste alors 20 km et deux “petites” côtes avant d’arriver à destination. Ça parait raide, mais pas très long, on y va confiants, quand la route commence à s’élever. Mais elle semble avoir été tracée sans soucis de la topographie de l'île : on va au plus court! Au fur et à mesure que la pente s’accentue, on attend un virage… mais non… Nous n’avions jamais vu de pentes aussi raides, ça doit bien dépasser les 20 % (on n'exagère même pas)! Même les gros pick up montent difficilement, alors on ne vous explique pas comment nos cuisses brûlent. Petit à petit, on arrive en haut de la première côte sans avoir posé le pied à terre mais à bout de souffle. On se remet à peine de nos émotion quand la deuxième côte, tout aussi raide, se dresse devant nous. On fait moins les malins… et on attaque tout doucement, et après chaque mur, on espère en avoir fini… mais non, ça continue! On commence à sérieusement piocher dans nos réserves (on approche les 115 km), Élise est un peu palote mais la route est toujours plus raide… Alors que le soleil commence à se coucher, vient enfin la délivrance : la route redescend vers Lonely beach où nous avons prévu de nous poser quelques jours. La vue est plutôt chouette mais on ne traîne pas, il faut encore trouver un coin où dormir! Justement… les pluies diluviennes qui inondent le sud de la Thaïlande ont ramené une foule de touristes, et Lonely beach ne porte plus très bien son nom. 

 

Toutes les guesthouses sont pleines ou (vraiment) hors de prix. On tourne pendant plus d’une heure, mais y’a rien à faire… On se rabat donc sur le seul dortoir disponible, situé juste à côté de la boîte de nuit. Les festivités commencent vers 21h et se prolongeront jusqu'à 5h du mat! Vous nous direz qu’on aurait pu en profiter pour accomplir un nouveau défi en allant danser jusqu’au bout de la nuit, mais on n'avait pas trop la tête à ça, et les deux dernières côtes nous ont achevés. Si bien que la nuit qui s’annonçait difficile ne sera pas si pire… Bon, le lendemain matin, on se trouve quand même un petit bungalow à l’écart de l’agitation nocturne, avant d’aller profiter de la plage, de l’eau turquoise et des cocotiers pour un repos bien mérité. 

Coucher de soleil à Ko Chang
Coucher de soleil à Ko Chang

Loin de l’île paradisiaque que l’on avait imaginé, les bars, salons de tatouages et de massages se succèdent dans les ruelles envahies de touristes qui n’ont aucun scrupule à se balader en bikini (dans le meilleur des cas), ou à faire du scooter torse nu pour charmer ces demoiselles et parfaire le bronzage. D'ailleurs, notre bronzage cycliste en a fait s'esclaffer plus d’un sur la plage! On croise même nos premiers lady-boys, et de ces vieux occidentaux accompagnés de petit(e)s jeunes. Beurk! Dis comme ça, ça fait pas franchement rêver, mais ne vous méprenez pas, on a vraiment aimé notre séjour sur cette belle île.

 

Nous profitons de cette halte à Ko Chang pour aller découvrir les fonds marins thaïlandais. On s’offre une belle journée de plongée dans la réserve marine située au large de l’île : on se régale de coraux, de bancs de baracudas, de poissons tropicaux multicolores, de raies,... 

En route vers les fonds marins au large de Ko Chang
En route vers les fonds marins au large de Ko Chang

Après ces deux jours de vacances, on reprend la route en direction de Bangkok. Dans ce sens, les côtes sont un peu moins atroces, et nous arrivons rapidement au traversier pour rejoindre la terre ferme. Ne voulant pas refaire la route en sens inverse, on se pose au bord de la route et on lève le pouce. Moins de 10 minutes plus tard, nous voilà à bord d’un pick up en route pour Ban khlong Phlu. Le chauffeur propose de nous emmener jusqu’à Chantaburi, 30 km plus loin, mais quand on s’aperçoit qu’il a déjà fait un détour pour nous, on décide de ne pas abuser de sa gentillesse et remontons sur nos selles.

 

Nous arrivons rapidement sur la “scenic road” qui nous mènera jusqu’à Rayong en longeant le bord de mer. On a même le droit à une piste cyclable! En fin de journée, nous croisons d’ailleurs de nombreux cyclistes thaïlandais en ballade. Les paysages alternent entre les plantations d’ananas et d’hévéas, les pisciculture, une route en front de mer ou au milieu des mangroves, et de jolies plages idéales pour les pauses rafraîchissement.

La côte thaïlandaise nous met la tête à l'envers!
La côte thaïlandaise nous met la tête à l'envers!

Si les plages nous font rêver pour planter la tente, elle sont souvent “occupées” par des resorts ou des guesthouses. Mais de nombreux temples jalonnent toujours notre route et nous aurons la chance de pouvoir dormir sous la protection de bouddha, au bord d’une jolie plage. Encore un camping 3* avec eau, électricité, beau coucher de soleil et le doux bruit des vagues pour nous bercer; si l’on fait abstraction des moustiques qui nous ont dévoré toute la soirée!

 

Depuis notre entrée en Thaïlande, les gens nous ont paru très attentionnés, même si certains restent totalement indifférents. Ce même soir, le gardien du temple nous a d’ailleurs offert un beau sac de fruits, et un jeune couple nous a proposé de nous héberger. Nous n’avons finalement pas accepté. Il était tard et on était déjà bien installés, mais ils ont tenu à nous donner leur numéro de téléphone en cas de problème : c'est bien connu, les voisins Cambodgiens sont des voleurs; nous n'avons, en revanche, rien à craindre des thaï...

Pêcheur thaïlandais à la nuit tombante
Pêcheur thaïlandais à la nuit tombante

Quand on arrive en ville...

La fin de la route côtière est moins glamour. A partir de Rayong, nous quittons difficilement la ville et les grosses routes passantes. Pédaler dans cet environnement devient moins agréable et nous décidons de nous arrêter à la première gare, prendre le train pour Bangkok et s’éviter une entrée scabreuse dans la plus grande ville d’Asie du Sud est (on a déjà donné à Hanoï!). Par la même occasion, on s’évite le passage par Pattaya, qui, rien que de nom, nous donne envie de fuir. 

Bangkok limited...
Bangkok limited...

Notre escale à Bangkok sera de courte durée, mais nous en profitons pour planifier un peu la suite (un rendez-vous nous attend à Rangoun dans pas si longtemps), mais surtout (re)découvrir cette ville tentaculaire, mélange entre modernité et tradition. Le joyeux bordel des ruelles de China town, les jolis temples du vieux quartier, le coucher de soleil sur la rivière Chao Phraya, les stands de street-food et les jus de fruits frais, on a même goûté aux embouteillages de la ville…

Encore un Bouddha couché... pas très original tout ça!
Encore un Bouddha couché... pas très original tout ça!

Depuis l’automne dernier et la disparition du roi Bhumibol Adulyadej après 70 ans de règne, la Thaïlande est en deuil. Tout au long de la route, nous avons été frappés par les innombrables portraits du roi auquel le peuple semble vouer un culte inconditionnel (dans un pays où le crime de lèse-majesté est sévèrement réprimé) : des affiches géantes dans toutes les villes et villages, aux photos encadrées dans les magasins, les maisons, les restaurants, les temples,... Durant cette année de deuil, les bâtiments publics sont ornés de draperies noires et blanches et les thaïlandais sont eux aussi censés s’habiller en conséquence. En pratique, nous n'avons pas l'impression que ça soit actuellement très appliqué, excepté au grand palais de Bangkok, l'ancien palais des rois du Siam, où les thaï viennent en masse, tout de noir vêtu, rendre un dernier hommage au roi défunt.

Hommage au roi devant le palais royal
Hommage au roi devant le palais royal

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